Des filles à l'école ? Mais pour quoi faire ?!

''Tout le monde connaît leur imperfection - Leur esprit est méchant, leur âme fragile; - Il n'est rien de plus faible et de plus imbécile, - Rien de plus infidèle: et malgré tout cela, - Dans le monde on fait tout pour ces animaux-là.''

Cet extrait de '' L'Ecole des Femmes (1662) de Molière, est révélateur des siècles d'injustice et d'obscurantisme qui ont recouvert les femmes pendant des siècles.

Avant 1870, les jeunes filles, avaient peu de droits, et n'avaient pas accès à l'enseignement scolaire. Elles ne savaient donc ni lire, ni écrire, ni compter. On estimait que ce dont elles avaient besoin, c'était de connaître les rouages de la vie domestique et d'apprendre à devenir des futures épouses chastes et soumises.


Avec la naissance de la troisième République, les choses changent: les jeunes filles sont toujours considérées comme inférieures, mais elles obtiennent cependant des droits, en particulier le droit à la scolarité.


Plus tard, leurs vies vont être bouleversées grâce à des lois qui petit à petit changent leur histoire, notamment parce que les guerres déciment les hommes et que les femmes sont appelées à la rescousse pour les remplacer à pied levé, aussi bien dans l'économie agraire, (elles y sont déjà présentes), que dans les industries d'armement ou les institutions publiques.


La place des filles dans la société a mis beaucoup de temps à changer...

Considérées comme inférieures comme on peut le lire dans les manuels d'éducation féminine, elles sont confinées à un rôle traditionnel :


"Tout est fait pour conforter la petite fille dans sa faiblesse. Elle sort peu, on lui interdit les jeux dit de garçons, elle joue avec une balle en laine filée moins lourde et moins dangereuse car les exercices violents sont incompatibles avec les natures délicates".


A la fin du XIXème siècle, l'éducation tient essentiellement en travaux ménagers, la cuisine, le ménage, ou apprendre à s'occuper d'un nourrisson....Tout cela en vue uniquement de les marier pour qu'elles forment de "parfaites ménagères". Elles apprennent la vie pratique et utilitaire. L'enseignement dispensé aux filles diffère de celui dispensé aux garçons qui apprennent le grec, le latin, les mathématiques ou la philosophie. On estime que les femmes n'ont pas besoin de connaissances intellectuelles; en effet, qu'en feraient-elles cloîtrées dans leur foyer ?


Dans des sociétés rigides, très catholiques, où la morale et la religion primaient sur tout, les prêtes se faisaient la voix de Dieu pour défendre haut et fort ces valeurs, garantes de la bonne marche de la société. Les filles issues de la noblesse ou la bourgeoisie étaient logées à la même enseigne que celles des classes pauvres et il n'était pas rare que l'accès aux livres, considéré comme source de connaissances coupables, leur soit interdit.


Les écoles de la première moitié du XIXème siècle forment donc les jeunes filles pour pérenniser les traditions séculaires, en devenant des femmes chrétiennes, des épouses aimables, et des mères dévouées.


Après 1850, l'enseignement secondaire des filles commence à faire débat parmi les classes politiques. La nature des écoles changent: les rares établissements laïcs cèdent la place aux pensions religieuses jusque dans les années 1880. C'est dans ces pensions que beaucoup de jeunes filles de bonne famille étaient placées.


1881 est l'année des grands bouleversements en France. L'enseignement laïque, est rendu obligatoire par le ministre de l'Instruction Jules Ferry. Cela change petit à petit les choses, mai la mixité est interdite et l'école demeure peu fréquentée par les filles jusqu'à la fin du XIX ème siècle. L'Eglise, bien sûr, s'oppose à J.Ferry, car elle pense que l'école va amener les femmes à réfléchir et à former des femmes "libres penseurs", les pervertir et par-là même devenir des libertines !


L'école publique ouverte aux filles n'est donc pas bien acceptée au début et progressera au fur et à mesure dans les consciences. Mais une brèche était ouverte dans laquelle s'engouffrèrent de nombreuses personnalités féminines et masculines au fil du temps, réclamant ouvertement l'égalité des mêmes droits pour tous.


Si l'école reste synonyme d'épanouissement et de liberté, il y a encore des pays où de nombreuses filles en sont privées pour les mêmes raisons citées plus haut.


Nous ne devons rien considérer comme acquis et défendre cet héritage si chèrement acquis. Parlons à nos filles de l'Histoire des femmes avec un grand H, de leurs luttes, de leurs conquêtes, du serpent ancien, le Diable, et sa haine viscérale des femmes, mais aussi de la rédemption que Jésus a accomplie à la croix pour tous, hommes et femmes.

La victoire nous a été acquise, elle est au bout de nos talons. A chaque fois que nous marchons, imprégnons le sol de cette vérité...


''Quand l'homme réfléchit, la femme a déjà compris '' Mazouz Hacène




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